Open Data, ateliers agiles pour des utilisations locales

  Open Data, Réflexion

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Zoom sur Mâcon où se tenait un territoire camp avec des méthodes agiles pour traiter de l’open data.

Acteurs

Des officiels : Pierre Piezzardi M. “start-up d’Etat” Etalab , Cédric Grail conseiller territoire de Thierry Mandon, Département et Préfecture de Saône-et-Loire, Open Data Bourgogne.

Et des acteurs de terrains avec des idées plein les neurones !

Témoignage d’élu : L’open data est un moyen de créer de l’intelligence de territoire, hors des frontières administratives

Le constat est posé sur la volonté des collectivités locales à utiliser les données publiques. Cependant, de nombreux freins viennent endiguer la ferveur liée à cet objectif et la faisabilité technique. Les thématiques et cas concrets abordés lors de la journée du vendredi 3 octobre sont révélateurs d’une effervescence dans la mise en pratique et les perspectives ouvertes!

Les domaines suivants ont fait l’objet d’ateliers spécifiques:

  • les domaines des marchés publics avec le Marché Public Simplifié (MPS)
  • les pompiers intéressés par Base Adresse Nationale Ouverte” (Bano) pour optimiser leur temps d’intervention
  • agenda culturel partagé
  • mesure de l’artificialisation des sols
  • etc.

Transversalement les obstacles évoqués sont de l’ordre de la libération des données de manière homogène (dans le cas d’applications croissant les sources), de l’interopérabilité des outils d’échanges et de l’actualisation des données. Et plus subjectivement, une tendance empreinte de jalousie à ne pas partager ce qui est au final un bien public.

Sources :

La Gazette des Communes / Open data : Les collectivités locales ont grande faim de données publiques

Plateforme ouverte des données publiques françaises : 4e Open Data Camp

Le blog de la mission Etalab : Retour sur le 1er Territoire Camp en Bourgogne

Photo : Google images

 

Les collectivités locales ont grande faim de données publiques

Le conseil général et la préfecture de Saône-et-Loire accueillaient vendredi 3 octobre le premier “territoire camp”, une journée d’ateliers autour de l’open data, organisée en partenariat avec Etalab, la mission en charge de l’ouverture des données publiques. Un constat commun, d’une table à l’autre : les données publiques ont un gros potentiel dans les collectivités et les services déconcentrés… encore faut-il qu’elles soient disponibles.

“Fais comme si demain ce projet démarrait”, lance Pierre Piezzardi, M. “start-up d’Etat” (un projet porté par le public, développé en mode “agile” en peu de temps, ndlr) à Samuel Julien, un des participants du premier “territoire camp”, une journée d’ateliers sur l’open data, organisée par le département et la préfecture de Saône-et-Loire à Mâcon, vendredi 3 octobre, en partenariat avec Etalab, la mission en charge de l’ouverture des données publiques et l’association Open Data Bourgogne.

Samuel Julien, comme une bonne partie des participants, est plein de bonne volonté pour améliorer le fonctionnement de son administration – la DGCCRF – en s’appuyant sur les données publiques. Et comme une bonne partie des participants, il se heurte à deux obstacles principaux : toutes les données nécessaires ne sont pas disponibles, cadenassées – ce qui peut paraitre paradoxal voire kaifkaien -, par d’autres administrations publiques ; une partie l’est, mais de façon éparse, incomplète.

Les participants ont une approche assez originale qui se heurte souvent à une certaine inertie, même si leur présence ici est déjà le signe d’une envie de tester d’autres approches.

Méthodes artisanales - Cet inspecteur de la DIRECCTE de Bourgogne repère les ententes anti-concurrentielle qu’il transmet ensuite à l’autorité de la concurrence pour instruction. Il le fait de façon très artisanale, euphémisera-t-on : “les données relatives aux attributions des marchés ne sont pas transmises de façon exhaustive et les bases de données de la place de marché e-Bourgogne et du Boamp ne sont pas en open data… Je suis obligé de créer à chaque fois ma base de données, c’est très chronophage”, déplore-t-il.
Avec de belles données complètes, libres, formatées, quelques extractions suffiraient pour faire ce travail de fourmi. En attendant, il profite de cette journée hors cadres, où les limites, intériorisées ou non, n’existent plus.

De gauche à droite, Brice Person, Samuel Julien et Daniel Coissard au "territoire camp"

“Entrepreneur en résidence” (sic) au SGMAP, tendance bulldozer abattant des cloisons administratives, et complément d’Henri Verdier, le nouvel administrateur des données et directeur d’Etalab, Pierre Pezziardi a poussé Marché public simplifié (MPS), une expérimentation officialisée par décret le 1er octobre, dans le cadre de “dites-le nous une fois” : les entreprises qui répondent à un marché public n’ont plus à fournir à l’administration une pièce déjà fournie, le seul numéro de SIRET suffit.
MPS ne répond pas au besoin de Samuel, “c’est MPS V2”, réagissent ses voisins, Brice Person, consultant informatique fervent amateur d’open data, et Daniel Coissard, de e-Bourgogne, une des places de marché qui a testé MPS.

Sur place, Brice code un moteur de recherche pour les marchés publics du CG71, Samuel et Daniel échangent sur eBourgogne. “Il faudrait deux niveaux d’accès aux données, précise Samuel, en fonction du caractère confidentiel de la donnée : une couche en open data et une autre réservée aux administrations autorisées, par exemple les rapports d’analyse des offres.”
Devant les possibilités ouvertes, il se sent “comme Tex Avery, avec des dollars dans les yeux”, plaisante-t-il.

Intérêt du SDIS pour Base adresse nationale ouverte – A côté, le SDIS 71 a trouvé en Christian Quest, un interlocuteur de choix. M. “Base adresse nationale ouverte” (Bano), président d’OpenStreetMap France, la base de données géographiques libres,officiellement montée à bord d’Etalab, au grand dam de la CGT IGN, connait bien les problématiques des pompiers : il leur faut non pas de la chair mais de la donnée fraîche, pour optimiser leur temps d’intervention. “Bano les intéresse, explique-t-il, pour mesurer la qualité de ses données par rapport à celles qu’ils utilisent, la base Topo de l’IGN. Ils souhaitent prendre leurs données d’intervention, 30 000/an sur 8 ans, pour voir si Bano les géolocalise mieux.

A la table du dessus, on cause agenda culturel partagé. L’enjeu est moins sensible, la résolution du problème n’en est pas moins délicate. Plusieurs acteurs – collectivités, associations… – envoient leurs données via des outils souvent différents, pas interopérables, plusieurs fois, et les couvent parfois avec jalousie.

“L’objectif est de saisir une fois les données et qu’elles partent dans différents tuyaux, pour aller vers l’exhaustivité ; les données manquantes iraient d’un acteur à l’autre”, explique Pascal Minguet, chargé de mission TIC-Numérique et usages au conseil régional de Bourgogne. Le standard schema est maintenant soutenu par Google.”

Parmi les participants, Romain, qui développe Cibul, un outil d’agenda en open data utilisé par exemple en Bretagne : tous les événements remplis sont versés dans une base de données commune. “L”usage des archives permettraient d’affiner la gestion des transports de nuit”, propose-t-il.

Brainstorming au "territoire camp"

“Problème de fond sur la gratuité” - Leurs voisins s’attaquent à la donnée géographique, gros morceau sujet de passions, à travers l’angle de l’étalement urbain. Aurélien travaille chez Gaiago, un cabinet de consultants. Il a développé un outil mesurant l’artificialisation des sols. “Toutes les données utilisées ne sont pas libres : certains de l’IGN, le cadastre, et nous qui travaillons pour les collectivités, y avons accès (1). D’autres comme Sitadel(une base qui recense les constructions de logement et de locaux, produite par le ministère du Logement, ndlr) ou le RGP (registre parcellaire graphique, produites par l’IGN, ndlr) sont déjà ouvertes.”

“L’enjeu est de développer un outil analytique commun pour mesurer d’un territoire à l’autre, synthétise Sébastien Bard, géomaticien à l’agence d’urbanisme sud Bourgogne.

Pierre Martinerie, conseiller général de Saône-et-Loire en charge de l’open data, résume : “il y a un problème de fond sur la gratuité.” Les collectivités locales, comme d’autres acteurs publics, doivent en effet bourse délier pour acheter certaines données publiques. Pour l’élu, l’open data est un moyen de créer “de l’intelligence de territoire, hors des frontières administratives”. Alors que certains voient de l’avenir à la donnée publique dans son mariage avec des données privées, Pierre Martinerie estime que les croisements entre données publiques – collectivités, Etat, services déconcentrés -, possède déjà un fort potentiel.

“La base de donnée de la Safer ne permet plus d’accéder à la donnée brute”, peste encore Sébastien Bard. Pierre Martinerie renchérit : “il y a un obstacle à lever côté Safer… “ Et repestage du géomaticien : “Il y a aussi des freins sur les données DVF (Demande de Valeurs Foncières, produites par la Direction Générale des Finances Publiques, ndlr)”, qui note toutefois “un progrès énorme en dix ans”.

La liste des freins énumérées aujourd’hui est sans doute très longue. Il est aussi probable qu’une partie des envies nées aujourd’hui ne s’épuisent dans les lenteurs diverses. Mais d’autres avanceront. Et certaines finiront peut-être incubées dans le cocon de “l’incubateur de start-up d’Etat” souhaité pour fin 2014 par Thierry Mandon, le secrétaire d’Etat en charge de la réforme de l’Etat et de la Simplification. “Une structure d’accueil pour des équipes en mode « agile ». Car c’est aussi un des objectifs de ce type de camp : “les start-up d’Etat marche, soutient Pierre Piezzardi, mais il est difficile de trouver des gens pour les monter. L’objectif des datacamp est d’en repérer.” Cédric Grail, conseiller territoire de Thierry Mandon avait d’ailleurs fait le déplacement : un signe que cette démarche infuse en haut ?

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